Prise de position du ministre de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural, M. Romain Schneider, face aux critiques du Mouvement écologique, 5.9.2019:

En réponse au communiqué „Fourniture de fruits aux restaurants scolaires: un écart intolérable entre l’ambition affichée et la réalité - Le ministère de l'Agriculture ne mise ni sur des critères écologiques et de santé, ni sur une production régionale et biologique!“ du Mouvement écologique, le ministre Romain Schneider

 

-          est étonné que lesdites critiques ne lui ont pas été adressées en personne, mais ont seulement été envoyées via communiqué de presse aux médias,

 

-          assure que les portes de son ministère sont ouvertes à tous et invite le Mouvement écologique à un dialogue constructif au ministère, permettant ainsi un véritable échange de vues et la recherche de solutions face au sujet complexe des marchés publics,

 

-          répond aux différents points soulevés :

    o   Le programme européen de fruits à l’école mis en place au Luxembourg pour la première fois en 2010, suite à une concertation entre les ministères de l’Agriculture, de la Santé et de l’Education nationale de l’époque. Un des défis était de trouver un système facilement adaptable dans toutes les écoles fondamentales et les lycées du pays, et de tenir compte des exigences administratives européennes.

 

    o   Comme le programme de fruits à l’école est en partie financé avec des moyens financiers de l’Union européenne, il va de soi que les règles de marchés publics européens doivent être respectées. Vu l’envergure du programme, une soumission européenne est donc nécessaire. Ceci ne permet pas de limiter la fourniture à des produits nationaux.

 

    o   La facilité de la mise en place par les écoles est une condition cruciale pour garantir le succès du programme. Vu le nombre très important de livraisons à réaliser, il a été décidé de réaliser ce programme à travers des distributeurs spécialisés afin de pouvoir assurer la livraison à la grande majorité des écoles pendant la majeure partie de l’année scolaire. Pour l’année scolaire 2018-2019, plus que 360 sites scolaires ont dû être approvisionnés chaque semaine. Le distributeur doit aussi prendre en main une grande partie des charges administratives imposées par le programme.

 

    o   La soumission comporte 5 lots qui peuvent être remportés par 5 opérateurs différents.

 

    o   Le système actuel fonctionne bien, la très grande majorité des élèves (>100.000) peuvent bénéficier du programme.

 

    o   Le critère du prix est un critère important, mais pas le seul.

 

    o   Le cahier spécial des charges relatif à la fourniture de fruits aux établissements scolaires prend bien en compte des critères de production de fruits régionaux.

Ainsi, au Luxembourg, la soumission porte aussi sur trois lots s’adressant à des producteurs de pommes, de poires et de carottes qui accueillent des classes scolaires pour des visites à la ferme. Ceci a bel et bien permis de renforcer le critère de la régionalité des producteurs. Côté pratique, pour éviter aux producteurs la mission quasi impossible de livrer eux-mêmes à tous les établissements scolaires, la distribution est là aussi assurée par les distributeurs qui assurent la livraison tout au long de l’année. En 2018-2019, presque 26 % des pommes distribués ont été d’origine luxembourgeoise.

 

    o  Dans la soumission, 5% des fruits que le distributeur choisit librement sont obligatoirement issus de la production biologique. A ceux-ci se rajoutent encore les bananes fairtrade qui doivent aussi être de qualité bio. Les soumissionnaires sont encouragés à livrer plus de produits biologiques, mais la production de fruits de tables bio est pour l’instant très limitée au Luxembourg. En 2018-2019, 35% des fruits distribués ont été bio, mais d’origine non-luxembourgeoise.

 

    o   La production luxembourgeoise ne peut pour l’instant pas subvenir aux quantités de cet appel d’offre, ni d’ailleurs à la demande du marché tout court. Le rôle de mon ministère est de soutenir l’agriculture durable – biologique et conventionnelle. Un plan d’action bio est déjà en élaboration avec le secteur. 

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