Santé animale

La santé des animaux est le fondement d’une agriculture performante et d’une production alimentaire souveraine. Toute personne qui élève, s’occupe ou soigne des animaux s’efforce de les remettre sur pied en cas de maladie. Les maladies animales peuvent entraîner des répercussions importantes sur la santé des cheptels, la santé publique ou l’économie, surtout lorsqu’il s’agit d’épizooties. Les épizooties sont des maladies infectieuses transmissibles à d’autres animaux ou, dans certains cas, à l’homme ; elles font donc l’objet d’une surveillance réglementaire.

Lorsqu’un agent pathogène responsable d’une épizootie peut également être dangereux pour l’homme, on parle d’agent zoonotique. Grâce aux mesures prises par l’État en matière de surveillance et de lutte, les agents pathogènes de nombreuses maladies zoonotiques ne représentent plus un danger pour le cheptel luxembourgeois ni pour le consommateur.

La santé de nos animaux d’élevage est garantie grâce aux mesures suivantes : prévention, surveillance et lutte.

Prévention et surveillance

Les cheptels sont régulièrement examinés par le vétérinaire traitant et l’ALVA afin de pouvoir détecter à un stade précoce l’apparition de nouveaux agents pathogènes ou de maladies animales éradiquées.

La législation européenne en matière de santé animale (Animal Health Law) établit des règles uniformes à l’échelle européenne pour la prévention, la surveillance et la lutte contre les maladies animales. Ces dispositions s’appliquent à toutes les exploitations agricoles qui élèvent, reproduisent ou commercialisent des animaux d’élevage. Cette fiche d’information fournit des renseignements complémentaires sur les obligations des éleveurs.

Une bonne collaboration entre les éleveurs, les vétérinaires praticiens et l’ALVA est essentielle. La situation épidémiologique actuelle dans l’UE fait l’objet d’une surveillance constante ; à cet effet, l’ALVA entretient également un échange permanent avec les autorités vétérinaires des autres États membres et des pays tiers, les services de la Commission européenne et l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE). Les échanges commerciaux sont soumis à de nombreuses conditions sanitaires visant à éviter la propagation des maladies.

Si une épizootie est détectée, certaines mesures doivent être prises. Ces mesures sont définies par la loi et vont, selon la catégorie de la maladie, de la surveillance à la lutte et à l’éradication de cette épizootie.

Déclaration des épizooties

La surveillance des épizooties dépend toutefois également de la vigilance des éleveurs et des vétérinaires traitants. Ces derniers, tout comme les laboratoires, sont tenus de signaler immédiatement à l’ALVA tout soupçon ou cas avéré d’épizootie !

Cette obligation de déclaration vise à protéger la santé animale, la santé publique et la sécurité alimentaire. Elle s’inscrit dans le cadre de la législation en matière de santé animale, telle que définie par l’Organisation mondiale de la santé animale (WOAH), l’Union européenne (UE) ainsi que par les législations nationales. Elle concerne aussi bien les maladies animales que les zoonoses (maladies transmissibles à l’homme). La fiche d’information « Les maladies animales à déclaration obligatoire chez les volailles au Luxembourg » indique quelles maladies animales doivent être déclarées chez les volailles.

Projet européen Onehealth4Surveillance 2024-2026

Au cours des deux dernières décennies, le groupe de virologie clinique et appliquée du Luxembourg Institute of Health (LIH) s’est chargé de la recherche et de la surveillance des agents zoonotiques dans le cadre d’une approche « One Health », mettant ainsi à profit sa longue expérience en matière de surveillance des maladies infectieuses chez l’homme, chez les animaux et dans l’environnement.

En collaboration avec l’Administration luxembourgeoise vétérinaire et alimentaire (ALVA), il se concentrera sur les maladies transmises par les tiques et étendra les activités de surveillance en cours concernant la grippe aviaire et la grippe porcine, ainsi que le virus du Nil occidental.

Une collaboration est prévue avec le Musée national d’histoire naturelle, le Centre de soins pour la faune sauvage de Natur&Ëmwelt, ainsi qu’avec l’Administration de la Nature et des Forêts et la Fédération Saint-Hubert des chasseurs du Grand-Duché de Luxembourg.

Le premier rapport intitulé « Surveillance des maladies d’origine aviaire au Luxembourg », qui donne un aperçu de la surveillance de la grippe aviaire, de la maladie de Newcastle ainsi que des virus du Nil occidental et d’Usutu, et qui présente les résultats de l’année 2025, a été publié en 2026.

Épizooties et zoonoses

En tant qu’État membre de l’UE, le Luxembourg est tenu d’informer les autres États membres de la situation épidémiologique actuelle. Les zones indemnes de maladies ainsi que les zones touchées sont publiées ici pour certaines maladies.

Le document « Disease free areas of Luxembourg » fournit des informations sur les maladies animales pour lesquelles le Luxembourg est actuellement officiellement considéré comme une zone indemne.

Ci-après sont décrites certaines maladies dont l’ALVA suit actuellement de près l’évolution. Cela s’explique par la situation épidémiologique actuelle dans nos pays voisins, ou parce que leur apparition peut représenter un risque pour nos cheptels ou pour la santé humaine.

Peste porcine africaine et peste porcine classique

Au Luxembourg, le dernier cas de peste porcine classique chez les porcs domestiques remonte à 2003 ; la peste porcine africaine n’a quant à elle pas encore été détectée à ce jour.

Ces maladies sont causées par deux virus différents, mais elles présentent des tableaux cliniques très similaires, entraînant généralement une issue fatale pour les animaux infectés. L’apparition de la peste porcine entraîne des pertes massives d’animaux, des restrictions de déplacement et des coûts élevés liés aux mesures de contrôle, et est donc associée à des préjudices économiques considérables.

Les agents pathogènes de ces deux épizooties ont en commun le fait qu’ils ne touchent exclusivement que les porcs ; ils ne sont pas transmissibles à l’homme. La peste porcine africaine, tout comme la peste porcine classique, est donc inoffensive pour l’homme.

Le virus de la peste porcine africaine est exceptionnellement résistant aux influences environnementales et peut rester infectieux dans le sol pendant une longue période. Afin de détecter précocement les foyers au sein des populations de sangliers et dans les élevages porcins, et d’empêcher ainsi efficacement toute propagation, la peste porcine africaine fait l’objet d’une surveillance passive. En cas de découverte de sangliers morts, des échantillons sont prélevés et analysés par le Laboratoire vétérinaire et alimentaire (LVA).

Afin d’éviter l’apparition de foyers dans les élevages porcins, les éleveurs se voient rappeler les recommandations de protection.

Fièvre catarrhale ovine

Le 2 août 2024, les premiers cas du virus de la fièvre catarrhale ovine (sérotype 3) ont été détectés chez des bovins au Luxembourg. Le Luxembourg a donc perdu son statut de pays indemne du virus de la fièvre catarrhale ovine (BTV) et des règles particulières s’appliquent désormais à la vente d’animaux sensibles au BTV vers d’autres États membres de l’UE.

De manière générale, nous vous invitons à contacter l’ALVA suffisamment à l’avance si vous prévoyez d’exporter des bovins, des ovins, des caprins ou des camélidés du Nouveau Monde, afin de vous informer des dispositions en vigueur dans le pays de destination.

Anémie infectieuse équine

L’anémie infectieuse équine (AIE) est une maladie infectieuse incurable chez les équidés, qui se transmet par le sang. Cette maladie n’est toutefois pas dangereuse pour l’homme. En France ainsi qu’en Belgique, des cas isolés ont été signalés en 2025 ; au Luxembourg, aucun cas d’AIE n’a été enregistré à ce jour. L’AIE est également une maladie à déclaration obligatoire au Luxembourg. De plus amples informations et recommandations à l’intention des éleveurs figurent dans la fiche d’information sur l’anémie infectieuse équine.

Lumpy skin disease

La maladie de la peau nodulaire (LSD) est une infection virale contagieuse touchant les ruminants. Depuis juin 2025, la maladie a refait son apparition en Europe (en Italie et en France) ; toutefois, aucun cas n’a encore été signalé au Luxembourg. Les exploitations doivent signaler sans délai tout cas suspect au vétérinaire ou à l’Administration luxembourgeoise vétérinaire et alimentaire (ALVA). De plus amples informations sont disponibles dans la fiche d’information sur la maladie de la peau nodulaire ainsi que dans la FAQ sur la LSD.

Fièvre aphteuse

La fièvre aphteuse (FA) est une maladie virale hautement contagieuse qui touche principalement les animaux à onglons tels que les bovins, les ovins, les caprins et les porcins. Chez les animaux d’engraissement, on peut observer un ralentissement de la prise de poids et une baisse de la production laitière. Comme la maladie évolue souvent sans symptômes visibles chez les animaux adultes, l’épidémie peut se propager très rapidement sans être détectée. Divers animaux de zoo et sauvages y sont également sensibles. Les animaux atteints présentent de la fièvre, deviennent apathiques et souffrent de lésions vésiculeuses (aphtes) et d’érosions au niveau des muqueuses ainsi que sur les zones de peau glabres au niveau de la bouche et des sabots.

Le virus se transmet par contact direct entre les animaux infectés ainsi que par leurs excrétions. La lutte contre la maladie passe généralement par l’élimination des animaux touchés.

Pour l’homme, la consommation d’aliments tels que le lait ou la viande provenant d’animaux infectés ne présente aucun risque. Les animaux infectés ainsi que les produits d’origine animale contaminés constituent toutefois un risque majeur d’introduction de la maladie.

Salmonelles

Le Luxembourg dispose d’un programme national de surveillance des salmonelles dont l’objectif est de lutter contre la salmonellose chez l’homme. Ce programme permet de surveiller la présence de salmonelles chez les animaux et dans les produits qui en sont issus, afin de garantir une plus grande sécurité alimentaire pour le consommateur. Au niveau européen et national, des mesures de grande envergure ont été prises pour endiguer la propagation des salmonelles chez les volailles (poules pondeuses, poulets de chair et dindes).

Grippe aviaire

La grippe aviaire, ou influenza aviaire, est une maladie virale hautement contagieuse touchant les oiseaux. Les symptômes varient d’une espèce animale à l’autre. La volaille est très sensible à la maladie et meurt en quelques jours ; certains oiseaux sauvages sont porteurs du virus sans présenter de symptômes, tandis que d’autres succombent à la maladie. Le virus peut se transmettre par contact direct avec des animaux infectés ou leurs excrétions, par des objets contaminés ou par la propagation par l’homme.

Fièvre du Nil occidental

La fièvre du Nil occidental est une maladie causée par le virus du Nil occidental, principalement transmise par les moustiques du genre Culex. Le virus circule entre les oiseaux et les moustiques ; les humains et d’autres mammifères, en particulier les chevaux, peuvent également être infectés. À ce jour, aucun cas n’a été signalé au Luxembourg, mais la maladie se propage de plus en plus en Europe.

Pour plus d’informations, consultez la fiche d’information sur l’infection par le virus du Nil occidental.

La fièvre Q

La fièvre Q est une maladie infectieuse bactérienne qui touche principalement les chèvres, les moutons et les bovins. Il s’agit d’une zoonose, c’est-à-dire une maladie pouvant se transmettre de l’animal à l’homme. Les personnes en contact étroit avec les animaux, telles que les agriculteurs, les éleveurs, le personnel des abattoirs et les vétérinaires, sont particulièrement exposées.

Pour plus d’informations, consultez la fiche d’information « Fièvre Q ».

Virus de type Shamonda (SHAV)

Le virus de type Shamonda (SHAV) est un virus apparu pour la première fois en 2026, qui infecte principalement les bovins, les petits ruminants et a pu être démontré occasionnellement chez les chevaux. Il s’agit d’un orthobunyavirus d’un nouveau type appartenant au sérogroupe Simbu (« de type Shamonda-Like »), qui provoque chez les bovins des formes de la maladie caractérisées par de la fièvre, de la diarrhée et une baisse de la production laitière. Le virus est transmis par les moucherons (moustiques du genre Culicoides) ; toutefois, aucun cas de maladie clinique chez l’homme due au SHAV n’a encore été signalé à ce jour.

Pour plus d’informations, consultez la fiche d’information « Neues Orthobunyavirus der Simbu-Serogruppe » (Nouvel orthobunyavirus du sérogroupe Simbu).

 

Médicaments vétérinaires

Tout comme les humains, les animaux peuvent tomber malades et doivent alors être soignés par un vétérinaire. Si un traitement médicamenteux est nécessaire pour améliorer l’état de santé ou permettre la guérison, il faut tenir compte du fait que l’animal concerné fait partie de la chaîne alimentaire. Le traitement médicamenteux des animaux destinés à l’alimentation est soumis à des règles strictes et doit être minutieusement documenté. Cela permet de garantir que tous les produits d’origine animale sont exempts de résidus de traitement.

La Division de la pharmacie et des médicaments du ministère de la Santé est compétente pour l’autorisation des médicaments vétérinaires.

Les médicaments vétérinaires ne doivent en aucun cas être pris par des êtres humains !

Dernière modification le