Fertilisation en viticulture
Fertilisation azotée
Calcul de l’azote disponible
Avant d’épandre de l’engrais azoté, il convient de déterminer chaque année les besoins en azote de chaque parcelle ou unité de gestion. La fertilisation azotée doit être adaptée en fonction du rendement visé, de la vigueur de la plante, de l’entretien du sol et de la teneur en humus. Partout où une fertilisation azotée est prévue, celle-ci doit être effectuée au moment du débourrement de la vigne. Les engrais azotés doivent être semés dans les allées ouvertes afin d’assurer leur disponibilité. Pour déterminer les besoins en azote, un calculateur d’azote est disponible ici.
Prime d’encouragement pour l’introduction d’une viticulture durable et respectueuse de l’environnement
Les exploitations qui participent au programme agro-environnemental de la prime d’encouragement pour l’introduction d’une viticulture durable et respectueuse de l’environnement ne peuvent pas épandre plus que la quantité d’azote disponible dans les vignobles respectifs, déterminée à l’aide de la fiche de calcul.
Phosphore, potasse et magnésium
Analyses du sol
L’analyse du sol est la base d’une fertilisation correcte. Elle permet de déterminer le type de sol, les réserves de K, P, Mg, ainsi que le pH et la teneur en humus. L’analyse des sols est non seulement importante pour détecter les carences en nutriments, mais elle permet également d’éviter les conséquences d’un apport excessif de nutriments, qui est coûteux et peut entraîner une baisse de la qualité.
L’analyse traditionnelle des sols prévoit une séparation entre la couche supérieure (0-30 cm) et la couche inférieure (30-60 cm). Comme dans les sols lourds, qui prédominent dans le vignoble luxembourgeois, le transfert du phosphore et du potassium vers la couche inférieure du sol est extrêmement lent, une analyse de la couche supérieure suffit pour la fertilisation d’entretien.
Phosphore
Le phosphore est difficilement mobile dans tous les types de sol et n’est pratiquement pas sujet au lessivage. Les carences en phosphore sont très rares, la plupart des vignobles sont surfertilisés en phosphore. Lors de la fertilisation au phosphore, il convient de ne pas dépasser les besoins en nutriments calculés à partir des analyses de sol. En l’absence d’analyses de sol, il convient de ne pas dépasser la classe de teneur C pour la fertilisation au phosphore (c’est-à-dire 40 kg P₂O₅/ha au maximum).
Fertilisation potassique et magnésienne
Pour la fertilisation potassique et magnésienne, il convient de ne pas dépasser les besoins en nutriments calculés à partir des analyses de sol. En l’absence d’analyses de sol, il convient de ne pas dépasser les apports d’entretien suivants pour la fertilisation potassique et magnésienne, dans la limite du niveau d’approvisionnement C visé pour la couche arable :
- Potasse : 93 kg de K₂O/ha pour les sols légers et moyens ; 106 kg de K₂O/ha pour les sols lourds
- Magnésium : 40 kg de MgO/ha.
Étant donné que les teneurs en phosphore (P₂O₅) et en potasse (K₂O) sont souvent élevées dans les sols viticoles luxembourgeois, la fertilisation à l’azote et au magnésium est généralement suffisante. Il convient également de noter qu’un rapport K/Mg supérieur à 5:1 favorise la pourriture de la rafle, en particulier les années où les périodes de sécheresse alternent fréquemment avec des précipitations abondantes.
Cas particulier des replantations
Avant de planifier une replantation, il convient de prélever des échantillons de la couche supérieure du sol ainsi que de la couche inférieure (30 à 60 cm) dans les zones remembrées. Dans les zones remembrées plus anciennes en particulier, on constate souvent une
- surfertilisation de la couche supérieure du sol (classe de teneur D ou E) et
- un manque d’approvisionnement de la couche inférieure du sol (classe de teneur A ou B) en phosphore (P₂O₅) et en potasse (K₂O).
Dans ces vignobles, l’ASTA recommande un enrichissement en nutriments avec du phosphore (P₂O₅) et/ou de la potasse (K₂O) dans le sous-sol. Le phosphore (P₂O₅) étant un élément nutritif difficilement mobile, il est recommandé, lorsque le sol est sec, de procéder à un mélange en profondeur des couches inférieures et supérieures du sol plutôt que de fertiliser. La machine à bêcher est particulièrement adaptée à cette opération. Lors de la prochaine replantation, il est toutefois impératif d’apporter un engrais de fond (engrais de réserve) contenant jusqu’à 3 à 5 fois la dose annuelle recommandée de potassium et de magnésium. Il faut ensuite veiller à bien mélanger le sol.
La replantation est la seule occasion de remédier à une carence en nutriments dans la couche inférieure du sol en fertilisant et en mélangeant le sol.
Exigences minimales dans le cadre des mesures agro-environnementales
En ce qui concerne la fertilisation au phosphore, les besoins en nutriments calculés à partir des analyses de sol ne doivent pas être dépassés. En l’absence d’analyses de sol, la teneur en phosphore ne doit pas dépasser la classe C (c’est-à-dire 40 kg P₂O₅/ha au maximum).
- Sur les sols viticoles qui, selon une analyse de sol, présentent une teneur en phosphore de classe E dans la couche supérieure (plus de 30 mg P₂O₅/100 g de sol), il est interdit d’utiliser des engrais minéraux ou des engrais organo-minéraux combinés à base de P₂O₅.
- Tant que la teneur en humus est inférieure à 3,44 % (ce qui correspond à 2 % de carbone organique), il est encore possible d’utiliser dans ces vignobles un engrais purement organique d’origine agricole ou végétale, à condition de ne pas dépasser la valeur limite de 2 unités fertilisantes/ha (=170 Norg/ha et par an) ni les valeurs limites des zones de protection des eaux désignées.
- Dans les vignobles dont la teneur en humus est supérieure à 3,44 % et la teneur en phosphore supérieure à 30 mg P₂O₅/100 g de sol, il est également interdit d’utiliser des engrais organiques.
La teneur en humus est calculée comme suit :
- Teneur en humus = % Corg x 1,72 (Corg = carbone organique selon l’analyse du sol)
Le calcul de la fertilisation annuelle en phosphore est effectué sur la base d’un bilan portant sur 5 ans maximum. Le bilan tient compte à la fois des engrais minéraux et organiques. Cela signifie que les nutriments peuvent être épandus dans le cadre d’une fertilisation en alternance (pendulaire) à un rythme maximum de 5 ans. La fertilisation en alternance doit être notée dans le carnet d’exploitation.
Exemple :
- Selon les analyses de sol, le chef d’exploitation peut épandre sur une parcelle un maximum de 80 kg/ha de P₂O₅ par an. Au lieu d’épandre cette quantité chaque année, il peut épandre tous les deux ans le double de cette quantité, c’est-à-dire au maximum 2 x 80 = 160 kg/ha de P₂O₅. Cette fertilisation doit être notée dans le livret d’exploitation (fiche parcellaire) en tant que fertilisation alternée.
Les quantités d’engrais organiques et minéraux effectivement épandues doivent être inscrites dans un carnet d’exploitation. Seul l’examen de la couche supérieure du sol (0-30 cm) est une exigence minimale pour les parcelles de vigne. L’échantillonnage du sous-sol (30-60 cm) est facultatif. Cependant, si des analyses du sous-sol sont disponibles, la fertilisation maximale en phosphore qui en résulte ne doit pas être dépassée. Les recommandations de fertilisation du sol et du sous-sol peuvent être additionnées.
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