Maladies fongiques
Peronospora
Le champignon Peronospora, synonyme du mildiou, est spécifique à l’hôte et se développe dans les tissus végétaux (endoparasite). Le champignon hiverne dans des spores d’hiver à paroi épaisse (oospore) dans le feuillage de vigne contaminé au sol. La première infestation, appelée « infection primaire », ne peut avoir lieu que si les conditions suivantes sont remplies :
- spores primaires mûres sur les oospores,
- pluie violente (5 à 10 mm en 2-3 jours) pour détremper le feuillage tombant et transmettre les spores,
- une humidité foliaire suffisamment longue (4 à 6 heures) associée à une température suffisamment élevée (au moins 10 °C pendant 24 heures),
- les parties sensibles de la vigne, c’est-à-dire les organes jeunes et verts avec des stomates ouverts (2-3 feuilles déployées, pousses vertes de 10 cm de long). Les rameaux sont particulièrement sensibles.
Lors de l’infection primaire, le mycélium du champignon pénètre dans les stomates de la face inférieure des feuilles et y colonise les espaces intercellulaires. Les « taches d’huile » caractéristiques deviennent ainsi visibles sur la feuille. Le temps qui s’écoule entre l’infection et l’apparition de la « tache d’huile » est appelé période d’incubation. La durée de la période d’incubation dépend de la température et peut être de quatre jours seulement dans les conditions les plus favorables.
Une fois la période d’incubation écoulée, de nouveaux sporanges poussent à travers les stomates lorsque la température dépasse 12 °C, l’obscurité est absolue et que les feuilles sont mouillées pendant plusieurs heures. On parle alors d’« éclosion » de la maladie fongique. Les zoospores qui en sont issues provoquent des infections secondaires en présence d’humidité et de températures comprises entre 6 °C et 30 °C. Les spores de la maladie peuvent alors se développer et se multiplier.
Ce processus se répète de nombreuses fois au cours de la saison. Jusqu’au stade « taille de pois », le mycélium peut pénétrer dans la peau des baies par des stomates. Après ce stade de la vigne, les stomates se bouchent, de sorte qu’aucune pénétration n’est plus possible.
Lutte
En matière de lutte, on distingue les mesures indirectes et les mesures directes.
Mesures de lutte indirecte
- mesures d’hygiène telles que des travaux de défoliation dans les délais et un effeuillage approprié de la zone des grappes,
- veiller à une bonne aération du feuillage tout au long de la saison,
- recourir à des cépages résistants aux champignons (Piwis) dans les sites humides. Des informations sur les Piwis autorisés sont disponibles ici.
Mesures de lutte directe
Le premier traitement doit commencer tôt, c’est-à-dire dès la phase de 3 feuilles et impérativement avant les premières pluies. Les infections du sol peuvent se prolonger jusqu’en été, en particulier dans les zones fortement infestées l’année précédente, où le potentiel d’infection est extrêmement élevé.
Lors des premières pulvérisations, il convient d’utiliser des produits de contact contenant des phosphonates (p. ex. Veriphos) lorsque la pression d’infection est faible. Les phosphonates associés à des agents de contact ont une excellente efficacité, car la substance active est rapidement transportée dans les tissus en croissance. En cas de croissance rapide des pousses et de forte pression infectieuse, il convient d’utiliser des produits pénétrants ou systémiques et d’espacer les pulvérisations de 10 jours maximum.
Dernière préfloraison - fin de la floraison
Durant cette période, il convient d’utiliser exclusivement des produits pénétrants ou systémiques ou des produits de contact en combinaison avec des phosphonates. Les intervalles de pulvérisation doivent être courts pendant cette période et adaptés à la pression d’infestation prévue par le système de prévision VitiMeteo. Après la chute des capuchons floraux, les jeunes baies non protégées sont en effet particulièrement sensibles aux infections et doivent impérativement être protégées par un revêtement de pulvérisation. En cas de floraison étalée, il faut prévoir plusieurs pulvérisations intermédiaires autour de la phase de floraison.
Post-floraison
En phase de post-floraison, les produits de contact suffisent généralement dans les vignobles exempts d’infestation.
Fin : 7e et 8e pulvérisation
Pour les deux dernières pulvérisations, utiliser soit des produits de contact qui protègent les acariens prédateurs, soit des préparations à base de cuivre.
VitiMeteo Peronospora
Le système de prévision VitiMeteo offre une aide importante pour la lutte contre le peronospora. Le modèle utilise et traite les données locales des stations météorologiques positionnées le long de la Moselle afin de fournir d’une part des informations sur le risque actuel d’infection et d’autre part une prévision de la pression d’infestation pour les 5 jours à venir. Le modèle a également la capacité de calculer les temps d’incubation (c’est-à-dire le temps nécessaire pour que la première tache d’huile soit visible) après un événement d’infection. L’utilisateur peut ainsi adapter ses intervalles de pulvérisation à la pression fongique locale et obtenir un succès optimal dans la lutte. En ce qui concerne la protection de l’environnement, il est ainsi possible de réduire les quantités de produits phytosanitaires au strict nécessaire.
Oïdium
L’oïdium est un champignon parasite qui se développe à la surface des plantes (ectoparasite). Le champignon hiverne sous forme de mycélium entre les écailles des bourgeons. En cas d’infestation des bourgeons, le mycélium peut déjà attaquer les pousses en développement dès l’ouverture des bourgeons. Dans ce cas, on parle de « pousses indicatrices ». Celles-ci sont alors plus ou moins entièrement recouvertes de mycélium blanc-gris.
Il s’agit des porteurs de conidies avec les conidies correspondantes. Celles-ci sont transportées par le vent sur de longues distances et adhèrent aux tissus verts de la vigne. À partir d’une température de 5 °C et d’une humidité relative de l’air supérieure à 40 %, les spores germent en cinq heures. La température optimale pour le développement du champignon se situe entre 20 et 27 °C. Dans des conditions favorables, le champignon peut former de nouvelles conidies six jours seulement après l’infection.
Les conditions météorologiques idéales pour le développement du champignon sont des situations anticycloniques avec des nuits fraîches et des journées chaudes, associées à une forte humidité de l’air. La formation de rosée favorise la germination des spores, tandis que les températures diurnes élevées accélèrent la croissance du mycélium. En revanche, les périodes de pluie avec des phases humides prolongées inhibent le développement du champignon. La face inférieure des feuilles est généralement infectée en premier. On y voit d’abord des taches argentées et brillantes, puis un dépôt farineux. La face supérieure des feuilles s’éclaircit et prend l’aspect de taches d’huile. Après la floraison, les jeunes baies sont également très sensibles à l’oïdium (BBCH 61 - BBCH 73). La destruction de l’épiderme entraîne la « rupture de la graine », c’est-à-dire l’éclatement de la peau des baies. Les baies restent sensibles à l’oïdium jusqu’au début de la maturation.
Lutte
Ces dernières années, certaines exploitations ont rencontré des difficultés récurrentes dues à l’oïdium, malgré des traitements réguliers. La plupart du temps, les problèmes sont apparus dans la seconde moitié du mois de juillet et étaient alors difficiles à maîtriser. Ces infections à l’oïdium sont la conséquence d’une lutte insuffisante pendant la période « inflorescence déployée » - « taille du grain de plomb ».
Il faut donc toujours lutter contre l’oïdium à titre préventif, sachant que la période la plus sensible se situe entre le début de la floraison et le début de la nouaison (= période de risque d’oïdium). Le risque d’infection par l’oïdium est particulièrement élevé lorsque les températures diurnes sont élevées et les nuits fraîches. Dès que la nouvelle pousse a 2 ou 3 feuilles ou une surface foliaire de 320 à 400 cm2, il faut traiter immédiatement. La prévention de l’oïdium repose sur un contrôle régulier des vignes à la recherche de pousses indicatrices et sur l’utilisation systématique des services de prévisions locales VitiMeteo.
Les vignobles qui ont été touchés l’année précédente doivent être traités à partir du stade 3 feuilles. Dans les vignobles non infestés, il suffit de pulvériser à partir du stade 5 feuilles. Il faut toujours lutter contre l’oïdium à titre préventif, sachant que les raisins sont les plus sensibles entre le début de la floraison et le début de la nouaison (= période d’oïdium).
Du débourrement (stade 2-3 feuilles) jusqu’à l’avant-dernière pulvérisation avant la floraison
Pour les premiers traitements, l’utilisation de soufre mouillable suffit.
Période d’infection par l’oïdium (dernière pulvérisation avant la floraison - granulométrie)
Pendant cette période, seuls des produits très efficaces doivent être utilisés. Chaque rangée doit être traitée. Dans les zones accessibles par hélicoptère, ces deux pulvérisations doivent absolument être effectuées avec des appareils au sol en cas d’infestation de l’année précédente! Dans les zones à risque d’oïdium, on obtient également une excellente lutte avec une pulvérisation de soufre sec autour de la période de floraison (30 à 40 kg de soufre en poudre par hectare), avec une forte intensité lumineuse (temps clair, ciel sans nuages). Ne saupoudrer le soufre sec que sur la masse foliaire sèche ! En raison du risque élevé de résistance, les strobilurines ne doivent pas être utilisées pendant la période de floraison (ES 57 - ES 71). Les strobilurines doivent de préférence être mélangées avec du soufre mouillable (4,0 kg/ha).
Fermeture de la grappe
À partir de la fermeture de la grappe, les triazoles ainsi que les strobilurines et les produits à base de bicarbonate de soude peuvent être utilisés. Ajouter un agent mouillant lors de l’utilisation de Vitisan.
Début de la maturation
Lors de la pulvérisation finale, il est impératif de passer sur chaque rangée. Les triazoles ou les produits à base de bicarbonate de soude conviennent ici.
Que faire en cas d’infestation ?
Recommandation IVV : laver les grappes avec 800 à 1.000 l/ha d’eau en combinant du soufre mouillable et du bicarbonate de soude. Cela permet d’effectuer efficacement des pulvérisations intermédiaires sans augmenter le risque de résistance. Si nécessaire, le traitement doit être répété.
Soufre mouillable
Dans les zones à risque d’oïdium, on obtient de bons résultats en pulvérisant du soufre sec autour de la période de floraison (30 à 40 kg de soufre en poudre par hectare), lorsque l’intensité lumineuse est élevée (temps clair, ciel sans nuages). Ne saupoudrer que sur la masse foliaire sèche. Attention : les acariens prédateurs sont affectés, donc n’utiliser que dans des situations exceptionnelles.
Gestion de la résistance
Face au risque croissant de résistance aux produits utilisés actuellement contre l’oïdium et aux conséquences d’une perte d’efficacité croissante, le changement de groupe de substances actives (voir les informations actuelles sur la protection des vignes) prend de plus en plus d’importance. Il est important d’utiliser des produits efficaces contre l’oïdium et qui ne risquent pas de provoquer de résistance, en particulier pendant la période sensible de floraison. L’utilisation de produits de contact tels que le soufre mouillable et le Vitisan permet en outre de prévenir efficacement le risque de résistance aux stades moins sensibles de la vigne.
En raison du risque de résistance, les produits phytosanitaires contenant de la strobilurine ne doivent pas être utilisés pendant la période de floraison. Ils doivent être utilisés soit à un stade précoce (jusqu’à BBCH 55 maximum : les inflorescences grossissent), soit à un stade plus tardif (à partir de BBCH 75 : taille d’un petit pois).
Produits à base de bicarbonate de soude pour briser la résistance : Ils permettent d’effectuer des pulvérisations intermédiaires efficaces (par exemple en cas d’infestation visible) sans augmenter davantage le risque de résistance. L’IVV recommande le bicarbonate de soude (pas de délai d’attente !) en particulier pour les dernières pulvérisations de la saison. Ces préparations ont obtenu des degrés d’efficacité élevés lors d’essais pratiques à l’IVV.
Outre la prise en compte de la gestion de la résistance, le bon positionnement des fongicides contre l’oïdium est important pour le succès de la lutte. L’exemple suivant peut être utilisé pour planifier une séquence de pulvérisation :
VitiMeteo Oïdium
Le modèle de prévision VitiMeteo Oïdium calcule le risque d’oïdium actuel à partir des données météorologiques locales et prévoit le risque d’infestation pour les 5 jours à venir. Ces prévisions sont présentées sous forme de graphique. Comme pour VitiMeteo Peronospora, VitiMeteo Oidium tient compte du stade de développement de la vigne et des données météorologiques telles que la température, l’humidité relative, les précipitations, etc. Les 6 stations météorologiques actuellement présentes le long de la Moselle luxembourgeoise sont reliées à ce système de prévision et permettent ainsi d’établir des prévisions plus précises et plus spécifiques au site en ce qui concerne le risque d’infestation.
L’oïdium est une maladie fongique particulièrement problématique dans les vignobles ayant été infestés l’année précédente, car les jeunes pousses et les feuilles peuvent être infectées par le champignon blanc caractéristique dès le débourrement. Il est donc très important de minimiser l’infestation des feuilles, des pousses et des raisins jusqu’à la floraison. En ce qui concerne cette problématique, le modèle de prévision peut déterminer la date importante du premier traitement en tenant compte de l’infestation de l’année précédente. Le modèle de prévision détermine le risque d’oïdium sous la forme d’une valeur d’indice (0 à 100 %) pour le moment présent ainsi que pour les 5 jours à venir. La valeur de l’indice est déterminée en tenant compte de la sensibilité spécifique au stade de développement (particulièrement élevée jusqu’à la floraison) et de divers facteurs climatiques tels que la température, les précipitations et l’humidité relative.
Botrytis cinerea (pourriture grise)
En hiver, l’infestation par le botrytis sur le bois d’un an est visible par des sclérotes (organe permanent) noirs, ronds à allongés. Ces derniers forment au printemps suivant des porteurs de conidies avec des conidies (spores). Celles-ci peuvent, au début de la végétation, être transportées par le vent ou les éclaboussures de pluie sur les pousses vertes, les inflorescences et les grappes. La germination des spores et l’infection se produisent lorsque les feuilles restent humides pendant une longue période (au moins 12 heures). Si la phase de bourgeonnement se prolonge, les jeunes pousses vertes peuvent être infectées dès le stade 3 à 6 feuilles. Le mycélium se développe de manière optimale à des températures comprises entre 20 °C et 28 °C.
L’infection des grappes ou des raisins en phase de maturation est le principal problème lié à cette maladie. L’infection par le botrytis est particulièrement dangereuse au niveau de la rafle des grappes, car les raisins tombent tout simplement par terre après la pourriture des tiges. Les dommages économiques causés par la pourriture des raisins peuvent parfois être énormes. Le botrytis étant un parasite qui s’attaque aux plantes affaiblies, il apparaît principalement là où se trouvent déjà des tissus morts ou endommagés (par exemple par la grêle ou des trous de forage causés par des parasites).
Lutte
Selon le degré de maturité des raisins, on distingue la pourriture acide et la pourriture noble. On parle de pourriture acide lorsque les baies n’ont stocké que peu de sucre (jusqu’à environ 60 °Oe). Cette pourriture est favorisée lorsque les raisins se sont mal nettoyés après la floraison ou en présence de toiles de vers de la grappe. À partir d’un poids de moût d’environ 80 °Oe, on peut parler de pourriture noble. Des conidies grises apparaissent en masse à la surface des baies. La peau des baies devient de plus en plus poreuse, l’eau peut s’évaporer de la baie et les composants se concentrent. Ce processus permet d’obtenir des vins liquoreux de grande qualité.
L’infestation de botrytis sur les raisins provoque les dommages suivants :
- La destruction des baies entraîne une baisse de la qualité et de la quantité ;
- Production de laccase. Cette enzyme ne peut pas être désactivée par le SO2. Elle oxyde les polyphénols et modifie la couleur, l’odeur et le goût des vins ;
- La production de polysaccharides entraîne des problèmes de filtration et de clarification ;
- La production de glycérine, d’acide acétique et d’acide gluconique entraîne une baisse de la qualité.
- La production de pectolases et d’estérases favorise la formation de dépôts insolubles.
- La consommation de vitamines et de composés azotés provoque des troubles de fermentation.
Mesures de lutte indirectes
Une forte croissance de la vigne est à l’origine d’une importante attaque de botrytis. La meilleure protection contre le botrytis est une croissance modérée et une structure de raisin aérée. Cela peut être obtenu par les mesures suivantes :
- des clones plus résistants au botrytis (clones à raisin aéré),
- une alimentation équilibrée,
- une croissance adaptée au rendement et une fertilisation azotée,
- une gestion de l’enherbement,
- un effeuillage unilatéral/bilatéral de la zone des grappes avant ou immédiatement après la floraison, (fiche d’information (Pdf, 1,45 Mo))
- une coupe des grappes en deux,
- une première taille des feuilles aussi tardive que possible (fiche d’information (Pdf, 1,59 Mo)).
Mesures de lutte directes
Stade A (fin de floraison)
Il est préférable d’utiliser des produits ayant un effet secondaire contre le botrytis. Des biorégulateurs peuvent être utilisés pour assouplir la structure des grappes :
- Gibb3 : Pinot noir, Pinot blanc, Pinot gris. Gibb3 agit sur les processus de fécondation de la vigne et favorise la croissance en longueur des rafles.
- Regalis Plus : Riesling, Saint Laurent. Regalis diminue la concentration de la biosynthèse de la gibbérelline et entraîne une réduction de la nouaison.
Stade B (juste avant la fermeture de la grappe)
À ce stade, il convient d’utiliser un botryticide spécial pour les variétés à structure compacte (cépages de Bourgogne, Riesling).
Stade C (début de la maturation)
À ce stade, il convient d’utiliser un botryticide spécial pour les variétés dont la peau des baies est sensible au botrytis (Rivaner, Riesling).
Remarque : l’effet des botryticides est surestimé pour les variétés à structure compacte. Pour les variétés de Pinot noir, l’effeuillage unilatéral de la zone des grappes peu après la floraison a le même degré d’efficacité contre le botrytis que les botryticides (+/- 30 %). La combinaison effeuillage + biorégulateurs ou effeuillage + fongicide peut atteindre un taux d’efficacité de 80 % contre le botrytis.
En raison du risque de développement de résistances, les fongicides organiques du même groupe de substances actives ne doivent pas être utilisés plus d’une fois par saison.
Rougeot parasitaire
Les infections se produisent par la projection de spores à des températures supérieures à 13 °C et par la pluie (10 mm/12 h) sur les feuilles qui ont été infectées l’année précédente. Les infections sont possibles dès le stade 4 feuilles. Les conditions météorologiques changeantes en avril et mai, avec de fréquentes pluies, favorisent la maturation des fructifications et la libération de spores.
À partir de début juin, les premiers symptômes apparaissent sur les feuilles basales. Des taches jaunâtres avec des nervures brunes apparaissent. Les taches deviennent jaunes sur les variétés blanches et rouges sur les variétés rouges. Les taches s’agrandissent et nécrosent à partir du centre. Sur le feuillage, les zones atteintes par le rougeot parasitaire sont généralement délimitées par des nervures plus larges (ce qui permet de le distinguer de la pourriture grise). En cas d’infection précoce et grave, les inflorescences peuvent également être touchées. Celles-ci peuvent mourir partiellement ou complètement et prendre une couleur brune.
Lutte
Dans les régions à risque, il faut utiliser des produits efficaces contre le rougeot parasitaire à partir du stade 4 feuilles pour les 2-3 premières pulvérisations. Les dithiocarbamates et les strobilurines sont très efficaces. En viticulture biologique, l’association du cuivre et du soufre mouillable s’est avérée efficace.
Phomopsis viticola
En été, des taches allongées brun noir apparaissent sur les entre-nœuds inférieurs des pousses vertes. Ces taches se déchirent à la surface en raison de la croissance des pousses et prennent la forme de coques. Pendant l’hiver, l’écorce de ces pousses infestées devient de plus en plus blanche. Les croûtes se détachent sur un fond sombre et des pycnides ressemblant à des fructifications apparaissent sous forme de points noirs sur la surface claire des pousses.
Au printemps, lorsque l’humidité est suffisante, les spores sont libérées par les fructifications (pycnides). Ces spores se propagent par les eaux de pluie et provoquent des infections sur les feuilles et les pousses vertes lors de la phase de bourgeonnement, lorsque l’humidité de l’air est élevée et persistante (environ 12 heures). De petites taches chlorotiques apparaissent sur les feuilles et nécrosent au centre. Plus tard, les feuilles se recroquevillent et se déchirent. Les infections sont particulièrement massives lorsque les vignes sont bloquées par des températures fraîches et de l’humidité entre le débourrement et le stade 3 feuilles. Les tiges vertes présentent les taches allongées brun-noir décrites ci-dessus.
Lutte
Il convient de lutter contre la phomopsis viticola lorsque des pycnides (points noirs) apparaissent sur le bois clair d’un an et que des déchirures en forme de barque sont visibles. Dans les vignobles touchés, le traitement doit être effectué principalement entre le débourrement et le stade 5 feuilles, car la partie non protégée des pousses augmente rapidement pendant la phase de bourgeonnement. Les produits à base de folpérine, les dithiocarbamates et les strobilurines sont efficaces. Les traitements doivent être effectués à titre préventif, avant les précipitations. Vous trouverez de plus amples informations dans nos dernières communications sur la protection des vignes.
Pourriture noire
La pourriture noire est apparue pour la première fois en 2004 dans notre région viticole. Le champignon hiverne dans les raisins séchés (momies de fruits) qui restent sur la vigne ou sur le sol. Au printemps, des ascospores se forment dans les périthèces (fructifications sexués). Les ascospores sont expulsées au printemps, même en cas de faibles précipitations, et peuvent être transportées sur de longues distances par le vent. Ces spores ont besoin d’humidité et de températures comprises entre 10 °C et 32 °C (température optimale : 26,5 °C) pour germer. Les infections peuvent se produire sur les feuilles, les baies (jusqu’au début de la maturation) et plus rarement sur les pousses d’été.
Les premières infections (infections primaires) se produisent généralement sur les feuilles. Des nécroses apparaissent, dans lesquelles des pycnides (fructifications asexués) se forment en quelques jours. Les nécroses se manifestent par des taches de 2 à 10 mm de diamètre, délimitées par un bord brun foncé. À l’intérieur de ces taches, les pycnides sont visibles sous forme de petits points noirs. Les conidies sont expulsées de ces derniers, ce qui entraîne à son tour de nouvelles infections (infections secondaires). Sur les baies, les dommages se manifestent par une décoloration brune rougeâtre claire. Si les jeunes baies sont infectées, elles se dessèchent en quelques jours et se transforment en momies de fruits ridées, souvent couvertes de pycnides bleu-noirs. Les baies infectées tardivement (peu avant la maturité) ne sèchent pas complètement et ont un goût amer désagréable.
La durée de la période d’incubation (temps entre l’infection et l’apparition des premiers symptômes) de la pourriture noire ne dépend pas seulement des conditions météorologiques, mais aussi du stade de développement de la vigne. En été, elle est d’environ deux semaines sur les feuilles et les jeunes baies. À partir du stade de fermeture de la grappe, la période d’incubation sur les baies s’allonge jusqu’à quatre semaines. Le risque d’infection augmente constamment jusqu’à la floraison de la vigne, puis diminue progressivement jusqu’à la maturation des baies. La phase de plus grande vulnérabilité des baies s’étend du stade de développement ES 73 (taille du grain de grenaille) à ES 79 (fin de la fermeture de la grappe). Après la chute des capuchons floraux, les jeunes baies sont directement exposées aux infections.
Lutte
Mesures indirectes
- arrachage correct des vignes mortes,
- taille aérée avec effeuillage effectué en temps voulu,
- effeuillage partiel de la zone des grappes,
- élimination des fruits momifiés lors de la taille d’hiver,
- ramassage des grappes infestées pendant la saison.
Mesures directes
- Utiliser des produits ayant un effet secondaire contre la pourriture noire : dithiocarbamates, triazoles ou strobilurines ;
- pendant la phase la plus sensible entre la floraison et le début de la maturation, il convient d’utiliser les groupes de substances actives les plus efficaces des strobilurines et des triazoles.
ESCA
Les symptômes de la maladie du bois ESCA ont déjà été décrits par les Romains. Après avoir fait son apparition dans le bassin méditerranéen, l’ESCA a été de plus en plus souvent observée dans les régions viticoles du nord depuis les années 1990, où elle s’est propagée ces dernières années avec une tendance toujours croissante. Des recherches internationales ont montré que l’ESCA est un complexe de champignons lignivores.
Agents pathogènes impliqués
- Phaeomoniella chlamydospora (Pch)
- Phaeoacromonium aleophilum (Pal)
- Fomitiporia mediterranea (Fmed, polypore du pin)
Pch et Pal apparaissent déjà sur les jeunes vignes, où ils colonisent principalement les canaux de conduction d’eau du bois. La Fmed peut être observée dans l’ensemble du bois des ceps plus âgés à partir de la 5ème année de croissance. On distingue entre une évolution chronique et aiguë de la maladie. L’évolution chronique peut durer plusieurs années jusqu’à ce que le cep finisse par mourir. Les symptômes apparaissent avec une intensité variable d’une année à l’autre, et il est également possible qu’ils soient absents une année.
Exemples de symptômes typiques
- Feuilles : « rayures tigrées » → jaunissement entre les nervures des feuilles, qui se dessèchent avec le temps à partir du centre. Seules les nervures des feuilles restent vertes et les feuilles tombent prématurément.
- Baies : « black measles » → formation de petites taches bleu-noir ; les baies peuvent rétrécir et se dessécher.
- Dans le cas d’une évolution aiguë (apoplexie), après un bourgeonnement normal et un développement d’abord asymptomatique, des symptômes de dépérissement apparaissent soudainement ; en quelques jours, des pousses individuelles ou même la souche entière se dessèchent.
- L’infestation du bois ne se manifeste souvent qu’en ouvrant un tronc apparemment sain ; le bois présente alors une pourriture blanche aux endroits touchés, ce qui le rend déformé et mou. Dans des conditions humides, le mycélium de Fmed se forme rapidement.
Lutte
Reconstruction de la souche après la taille
Comme les champignons responsables de l’ESCA colonisent les vignes principalement par les plaies de taille à la tête du tronc, les vignes malades peuvent être en partie sauvées par une taille sévère du tronc dans les zones saines et par la reconstruction avec des pousses proches du sol. Les pieds de vigne atteints sont facilement reconnaissables, il faut donc en profiter pour les marquer dans le champ (par exemple avec une peinture en aérosol ou des rubans). Pendant les travaux de taille en hiver ou au printemps, il est possible de tailler le tronc des ceps marqués. Si les troncs de vigne présentent déjà des colorations noires des canaux conducteurs ou des pourritures dans la partie inférieure après la taille, la maladie est déjà trop avancée pour pouvoir assainir le cep.
Si la mesure est effectuée parallèlement à la taille normale des vignes, les scies doivent être désinfectées (par exemple avec de l’alcool) après le traitement d’un cep atteint d’ESCA. Les troncs sciés doivent être retirés des installations et ne doivent pas être stockés à l’extérieur dans la zone viticole. Cela s’applique également aux plantes définitivement mortes. Les sarments et le bois d’un an peuvent rester dans le vignoble.
Taille douce
La taille douce est une méthode de taille développée par les agronomes frioulans Marco Simonit et Pierpaolo Sirch. Cette méthode consiste à faire le moins de blessures possible lors de la taille d’hiver. En effet, les maladies fongiques telles que l’ESCA et l’eutypiose ont beau jeu de pénétrer à l’intérieur du tronc de la vigne par de grandes blessures et d’obstruer les voies conductrices. En évitant les grandes incisions et en coupant en priorité les jeunes pousses, on réduit la surface de coupe et on préserve la vitalité des vaisseaux conducteurs.
Utilisation de la souche fongique Trichoderma
Même s’il n’existe actuellement aucun moyen de lutte directe contre l’ESCA, on dispose depuis peu d’une préparation à base de la souche fongique Trichoderma, le produit VINTEC, dont on attend un effet préventif contre l’ESCA grâce à son mécanisme d’action. La souche fongique Trichoderma atroviride SC1 colonise bien le bois et agit comme antagoniste de la maladie ESCA.
Conseils pratiques pour l’application
- Il est recommandé d’utiliser le produit à partir du mois d’avril jusqu’à la floraison des vignes. La floraison peut déjà avoir commencé, mais ne doit pas être trop avancée lors de l’application.
- Quantité à appliquer : 200 g/ha max. La concentration de 200 g/100 litres (0,2 %) doit être respectée !
- Nombre d’applications : 2 fois maximum à une semaine d’intervalle.
- Les températures journalières doivent être supérieures à 10 °C.
- 24 heures après l’application, il ne doit pas y avoir de gel nocturne ni de fortes pluies.
- Il faut s’assurer que toutes les plaies de taille sont bien mouillées.
- Le réservoir du pulvérisateur ne doit pas contenir de résidus de fongicide.
Complexe de pourriture Penicillium, botrytis précoce, pourriture acétique
Pour le viticulteur soucieux de la qualité et donc orienté vers le client, la production de raisins sains avec une teneur suffisante en composants de valeur, tels que les substances aromatiques, constitue l’un des plus grands défis, même les années moins bonnes. Le client exige des vins secs et savoureux avec des arômes variétaux, ainsi que des crémants agréables et pétillants. Lors des bonnes années, sans pourriture, il n’est pas très compliqué de produire des raisins sans botrytis qui répondent à ces exigences. Mais que faire lors des années où le temps est chaud et humide pendant la phase de maturation ? Même lors de ces années, il faut livrer des raisins mûrs et sains afin de pouvoir satisfaire les clients avec de bons produits. C’est pourquoi, dans une entreprise orientée vers le client, la priorité ne devrait pas être de maintenir le titre alcoolique au plus haut niveau possible, mais d’assurer la qualité de la production de raisin en optimisant les procédés de fabrication dans la viticulture afin de produire des raisins de qualité commercialisable.
Pourriture grise précoce comme porte d’entrée du champignon Penicillium dans les variétés compactes
Pour le chef d’exploitation, l’assurance qualité à long terme constitue l’un des plus grands défis. L’objectif est d’obtenir la qualité de raisin nécessaire à la production de produits de haute qualité, même les années moins bonnes. Actuellement, le plus grand danger vient du complexe de pourriture du raisin (botrytis, pénicillium, pourriture acétique). Dans ce texte, le sujet du botrytis est souvent abordé. Il s’agit principalement du botrytis précoce. Il est causé par des infections dues à l’écrasement des baies à partir de 50 °Oe. De fortes précipitations au mois de juillet favorisent la division cellulaire dans les baies. Lorsque les variétés sont compactes et que la floraison se déroule bien, les baies s’écrasent les unes contre les autres et des infections à botrytis se produisent par écrasement. Les foyers de botrytis précoces sont presque toujours colonisés plus tard par des champignons secondaires tels que le Penicillium.
La pourriture grise précoce peut aussi être causée par des infections dues à l’éclatement des grains à partir de 60 °Oe. Des précipitations abondantes en août et début septembre favorisent la formation de fines fissures dans la peau des grains, en particulier dans les vignes à forte croissance et lorsque le feuillage n’est pas suffisamment entretenu. Ces fissures sont à leur tour la porte d’entrée pour le botrytis, le Penicillium et la pourriture acétique. Le botrytis tardif, en revanche, ne colonise les baies que par des infections directes en cas d’humidité à partir de 70 °Oe. Les variétés Riesling et Rivaner sont particulièrement touchées par ce phénomène en cas de températures élevées pendant la phase de maturation. Le botrytis tardif par infections directes est plutôt rare pour les variétés de Pinot.
Le réchauffement climatique constaté ces dernières années favorise en effet la pourriture acétique et le champignon Penicillium, principalement pendant la phase de maturation. Selon les mesures de température effectuées par la station météorologique de Remich, la température a augmenté d’environ 2 °C en octobre et d’environ 1 °C en septembre au cours des 30 dernières années. Parallèlement, on a constaté une tendance à la maturation précoce de la variété de référence Rivaner d’environ 8 jours dans les zones moyennement précoces. En outre, les précipitations en octobre ont été en moyenne d’environ 20 l/m2 de plus ces dernières années qu’il y a 30 ans.
Le Penicillium expansum / minioluteum apprécie justement ce temps chaud et humide pendant la période de maturation. Les baies saines ne peuvent pas être infectées. Les principales voies d’infection sont les blessures, mais il faut noter que les sources d’infection latentes telles que les lenticelles, le point de croissance de la tige de la baie et les fruits momifiés sont déjà présentes dans le vignoble. Une prolifération accrue de Penicillium a été constatée en particulier lorsque la vigueur était trop forte (forte fertilisation azotée, mesures d’éclaircissage importantes, grappes compactes). Selon les estimations de certains experts, il faudra donc à l’avenir accorder plus d’attention à la vigueur.
Le champignon Penicillium est considéré comme très dangereux par rapport au botrytis tardif. Le seuil de tolérance au botrytis est plus facile à évaluer et se situe, selon la variété ou le produit à fabriquer, entre 2 et 5 % (Pinot Noir, Crémant) et 10 à 15 % (Riesling). Le seuil de tolérance du Penicillium est extrêmement bas, peut-être beaucoup plus bas que ce qui est nécessaire pour détecter l’infestation de manière fiable. Il est certain qu’il n’y a aucun risque d’infestation par le Penicillium dans les raisins sains. En revanche, les raisins pourris peuvent contenir de très petites quantités de Penicillium. Ces petites quantités peuvent à leur tour dégager des arômes de moisissure terreuse, comme la géosmine, qui se retrouvent ensuite dans le vin sous forme de « notes de champignon ». Dans le crémant, même de très petites quantités de géosmine ou d’arômes similaires suffisent à altérer la qualité de toute la cuvée (le seuil olfactif de la géosmine dans l’eau est de 1 à 10 ng/l selon la littérature).
Les « notes de champignon » sont le signe d’un défaut de qualité du raisin
Des analyses de vins issus de cépages bourguignons de 2005 provenant du Luxembourg, dans lesquels cette odeur typique de moisi et de terre a été détectée, ont montré que les concentrations de géosmine trouvées étaient mille fois supérieures au seuil olfactif. Cette évolution doit faire l’objet d’une analyse objective. Pour continuer à produire des crémants de grande qualité, des vins blancs aromatiques ainsi que des vins rouges veloutés de Pinot Noir, certaines exploitations doivent repenser leur mode de gestion des vignobles.
Ces dernières années, ce sont principalement les stations expérimentales de Rhénanie-Palatinat qui ont testé la faisabilité de certaines méthodes visant à améliorer la qualité des raisins, notamment en ce qui concerne la lutte contre la pourriture. Les principaux avantages de ces mesures innovantes, telles que l’utilisation de Gibb3, l’effeuillage précoce, la séparation des grappes, ne consistent pas en priorité à améliorer la qualité des années fastes, mais à garantir et optimiser la qualité des années humides ou plus froides, en particulier lorsque les grappes sont compactes.
Des raisins moins serrés pour une meilleure qualité
Les biorégulateurs : un bilan positif
Les biorégulateurs doivent permettre d’atteindre les objectifs suivants :
- desserrer les grappes par égouttage ou allongement des tiges,
- inhiber la croissance en épaisseur,
- réguler le rendement,
- favoriser la maturation,
- faciliter l’épandage,
- ne pas causer de dommages consécutifs.
Gibb3
Gibb3, un biorégulateur naturel présent dans la plante de vigne, est actuellement celui qui répond le mieux aux objectifs fixés par rapport à d’autres régulateurs tels que l’éthéphon. Gibb3 n’entraîne aucun dommage consécutif sur le Pinot Noir, le Pinot Blanc et le Pinot Gris lorsqu’il est utilisé à raison de 2 à 3 comprimés pour 100 litres de bouillie de pulvérisation. Pour ces variétés, on observe une légère baisse de rendement de 15 % maximum ; les grappes individuelles portent donc nettement moins de baies. Ce n’est que pour les clones Mariafeld (à haut rendement) (L12, L13...) que des pertes de rendement allant jusqu’à 30 % sont possibles.
Le principal avantage de Gibb3 réside dans son effet considérable contre le botrytis et la pourriture acétique, grâce à l’égouttage des grappes et à l’allongement des pédoncules. Plus la variété est compacte, plus l’effet contre la pourriture de la grappe est important. L’utilisation de Gibb3 permet principalement d’éviter les infections précoces (dangereuses) de botrytis. À Oppenheim, on a obtenu un taux d’efficacité allant jusqu’à 70 % contre le botrytis sur des clones compacts de Pinot Noir et de Pinot Meunier. Même si visuellement, il n’y a souvent presque pas de différence, les raisins compacts présentent beaucoup moins de baies écrasées à l’intérieur grâce au traitement Gibb3. On parle alors d’un degré de tassement réduit du raisin.
Autres effets sur ces variétés :
- début de maturation plus précoce,
- poids du moût souvent plus élevé.
Des essais ont montré que la structure aérée des grappes et l’effet physiologique du Gibb3 permettaient une meilleure accumulation de la couleur et des phénols dans le Pinot Noir que dans les variantes non traitées. Le principal problème de qualité des Bourgognes compacts reste la pourriture grise précoce, en plus des rendements élevés. Compte tenu des nombreux résultats de recherche, le Gibb3 peut être utilisé sans danger dans la pratique, à condition de respecter certaines précautions.
Recommandations d’utilisation :
stade de développement ES 61-69 (début de la floraison - fin de la floraison)
- ajouter un agent mouillant : Trend 90 avec 100 ml/hl ;
- dans les vignobles présentant des problèmes de botrytis et de pourriture acétique ;
- les pulvérisations par temps humide entraînent une plus forte coulure ;
- un effeuillage mécanique avant la floraison est recommandé ;
- uniquement pour le Pinot Blanc, le Pinot Gris et le Pinot Noir ;
- par temps sec: 2 comprimés/100 lpour 800 l d’eau/ha dans la zone des grappes ;
- par mauvais temps de floraison (comme en juin 2004): 1 comprimé/100 l d’eau.
Ne pas utiliser :
- dans les vignobles à faible rendement ;
- pour d’autres variétés ;
- après la floraison (après ES 69).
Regalis Plus
Des essais ont montré que l’utilisation de Regalis® entraîne en moyenne une légère réduction de l’infestation par le botrytis. Le degré d’efficacité moyen était de 28 %, mais variait relativement fortement d’un essai à l’autre. Ainsi, le succès d’un traitement au Regalis® avait tendance à être d’autant plus élevé que la structure naturelle du raisin était compacte dans l’essai concerné. L’effet d’éclatement est obtenu par la coulure des grappes et la réduction de la taille des baies.
Conseils d’utilisation :
- stade de développement ES 61-65 (début de la floraison - pleine floraison) ;
- dans les vignobles présentant des problèmes de botrytis et de pourriture acétique ;
- les pulvérisations par temps humide donnent les meilleurs effets de coulure ;
- pour le Pinot Noir, le Pinot Gris, le Pinot Blanc, le Riesling et le Saint-Laurent ;
- plus besoin d’ajouter d’acide citrique.
Risque de perte de rendement :
- jusqu’à - 20 % pour le Riesling, le Pinot Noir, le Pinot Gris et le Pinot Blanc ;
- jusqu’à - 50 % pour le Saint-Laurent.
Dosage :
- 1,8 kg/ha avec 400 l/ha dans la zone des grappes pour le Riesling ;
- 1,5 kg/ha avec 400 l/ha dans la zone des raisins pour le Pinot Noir, le Pinot Gris, le Pinot Blanc, le Saint-Laurent.
Pas d’application :
- dans les vignobles à faible croissance (phytotoxique) ;
- pas de mélange avec de l’engrais foliaire à base de calcium.
Division du raisin
Le fait de couper ou de diviser le raisin a pour effet de réduire le rendement de 30 à 50 %. Cette mesure peut être appliquée à partir de la taille des grains de grenaille jusqu’à peu avant la fermeture de la grappe. On coupe les grappes horizontalement juste au-dessus du milieu, de sorte que les baies qui restent dans la moitié supérieure aient plus de place. Cette méthode est très efficace contre le botrytis. Même dans le cas des clones de Bourgogne compacts, les grappes restantes deviennent nettement plus lâches et donc beaucoup plus résistantes au botrytis.
Effeuillage
L’effeuillage peut être effectué à 3 moments différents :
- effeuillage peu après la floraison,
- effeuillage de la zone des grappes peu avant la floraison,
- effeuillage à partir de la fermeture des grappes.
Effeuillage peu après la floraison
L’effeuillage de la zone des grappes peu après la floraison est une mesure connue pour améliorer la qualité des raisins. Cette mesure permet une bonne aération et donc le séchage des baies. Les tiges et les baies libérées durcissent et deviennent plus résistantes au botrytis. La résistance à l’éclatement est également considérablement améliorée. En principe, il faut effeuiller les cépages blancs du côté de la vigne qui n’est pas exposé au soleil l’après-midi. Il faut veiller à ce que l’effeuillage soit effectué immédiatement après la floraison, car un effeuillage tardif, par exemple après la fermeture de la grappe, peut provoquer des brûlures et ne permet pas d’obtenir le même effet contre le botrytis.
Effeuillage de la zone des grappes juste avant la floraison
La perte de masse foliaire juste avant la floraison provoque un choc d’assimilation chez la vigne. Ce phénomène a un effet négatif sur la fécondation des baies et donc sur le nombre de baies par grappe chez le Pinot Noir, le Pinot Gris et le Pinot Blanc. En outre, la photosynthèse de la vigne est affectée jusqu’au stade de fermeture de la grappe, ce qui ralentit considérablement la division cellulaire. Cela a pour conséquence une réduction de la taille des baies et donc des raisins plus résistants au botrytis. L’avantage de l’effeuillage précoce est que la perte de surface foliaire est entièrement compensée au moment où le stockage du sucre commence. Il ne faut donc pas s’attendre à une diminution des valeurs Oechsle en cas d’effeuillage avant la floraison. Des essais de défoliation bilatérale ont montré une réduction moyenne de 20 % du rendement. Ne pas défolier les cépages Auxerrois et Gewürztraminer avant la floraison.
Pas de défoliation après la fermeture de la grappe
Malheureusement, la défoliation commence souvent après la fermeture de la grappe, une fois que tous les autres travaux dans le vignoble ont été effectués. Il faut considérer ces effeuillages d’un œil très critique, car à ce moment-là, la phase de division cellulaire est presque terminée et le stockage du sucre commence. Si à ce moment-là, une surface d’assimilation précieuse est perdue à cause d’un effeuillage partiel, des pertes de poids du moût sont possibles. De plus, ces baies ne sont pas habituées à l’ensoleillement. Sur les pentes, l’autorégulation de la température des baies est limitée. C’est pourquoi les raisins dont l’effeuillage a été trop tardif sont souvent brûlés par le soleil. Les baies effeuillées tôt sont en revanche insensibles au rayonnement solaire. En cas d’effeuillage tardif, l’effet de réduction du botrytis, en particulier pour les raisins compacts, n’est plus que limité.
Intensité de l’effeuillage
Il n’y a pas de règle générale. Plus la vigne est vigoureuse, plus l’effeuillage doit être important. En revanche, les vignes peu vigoureuses n’ont pas besoin d’un effeuillage intensif. C’est pourquoi l’effeuillage doit être effectué en fonction du rapport feuilles/fruits. Un effeuillage unilatéral de la zone des grappes dans les vignes de Bourgogne vigoureuses ne doit être effectué qu’en dernier recours.
Effeuillage mécanique et temps de travail
Il existe actuellement sur le marché plusieurs appareils d’effeuillage, dont certains fonctionnent selon des principes différents. Les viticulteurs intéressés peuvent se procurer une documentation détaillée sur les différents types d’appareils auprès du département viticulture de l’Institut viti-vinicole (tél. : 23 612 218). Bien entendu, le revendeur de machines local peut également fournir des informations sur ces appareils.
Le temps de travail nécessaire pour un effeuillage manuel d’un seul côté de la zone des grappes est de 40 à 80 heures par hectare, selon l’intensité. Pour l’effeuillage mécanique, les coûts dépendent du type d’appareil et de la vitesse du tracteur. En termes de coûts, l’effeuillage mécanique est plus avantageux que l’effeuillage manuel (source : DLR Rheinpfalz). Cependant, l’effeuillage permet également de gagner du temps lors de la récolte manuelle, ce qui permet de réduire une partie des coûts de récolte.
Éclaircissage (vendange verte) et effeuillage
Les mesures qui ont un effet d’éclaircissage doivent absolument être combinées avec un effeuillage précoce en raison du risque de botrytis :
- enlever les grappes,
- enlever des grappes entières au début de la maturation (vendange verte).
Taille tardive
La première taille après la floraison doit être effectuée le plus tard possible. Retarder la date de la première taille permet de maintenir plus longtemps la concurrence des assimilats entre les jeunes grappes et l’extrémité des pousses. Cela induit une structure de raisin plus lâche en raison de l’apport réduit d’assimilats pour la floraison et la division cellulaire, et donc un retard de l’épidémie de pourriture, une phase de maturation plus longue et une meilleure qualité potentielle du vin.
Adapter les programmes de qualité au marché et au changement climatique
Les chefs d’exploitation bien informés savent qu’une petite quantité de raisins pourris peut déjà augmenter les valeurs Oechsle de 2 à 3 degrés. Mais même une petite quantité de raisins pourris peut entraîner des notes de géosmine dans le vin et le crémant et provoquer des reflets jaunes dans les vins rouges. Pour pouvoir produire des crémants de grande qualité, des vins blancs aromatiques ainsi que des vins rouges veloutés à base de Pinot Noir, il faut repenser le vignoble afin de garantir que nous puissions obtenir les qualités souhaitées par le client, même les mauvaises années. C’est pourquoi il faudra à l’avenir accorder une plus grande attention aux mesures d’assurance qualité, en particulier dans le cadre des programmes de paiement des raisins dans certaines structures. Sinon, dans de nombreux cas, la production dans les vignobles ne correspond pas aux attentes du marché. Pour le vendeur de vin en bouteille, ces travaux supplémentaires sont en tout cas rentables.
Conclusion
La qualité des raisins est principalement assurée par une structure de raisin souple. Les mesures suivantes devraient être mises en œuvre à cet égard pour les raisins compacts dans les vignobles à croissance normale à forte.
Pour la production de vins de qualité supérieure / crémant :
- effeuillage partiel d’un seul côté jusqu’à la floraison (côté ombragé pour les cépages blancs) (*) ;
- éventuellement utilisation de biorégulateurs ;
- utilisation de botryticides (2X), en particulier pour les raisins compacts (cépages Pinot, Riesling).
Pour la production de vins de qualité supérieure (60 hl/ha) :
- effeuillage des deux côtés jusqu’à la floraison (*) ;
- éventuellement utilisation de biorégulateurs ;
- couper les grappes en deux ;
- utiliser des produits anti-botrytis (2x).
(*) Dans les vignobles sensibles à la phylloxéra, il convient d’utiliser des engrais foliaires contenant du magnésium lors de l’effeuillage à partir de la fin de la floraison. Dans les vignobles à forte croissance, la fertilisation azotée doit être réduite et une stratégie d’enherbement adaptée au site doit être mise en place.
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