Un millésime d’une excellente qualité
Vendanges historiquement précoces à la Moselle luxembourgeoise
Martine Hansen, ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation et de la Viticulture, a participé aux vendanges dans les vignobles de l’Institut viti-vinicole à Remich, aux côtés de Claude Wiseler, Président de la Chambre des Députés et des représentants de la filière viticole (Domaines Vinsmoselle, Privatwënzer Lëtzebuerg, Fédération Luxembourgeoise des Vins et Spiritueux).
La ministre a salué l’engagement de toute une filière mobilisée autour d’un millésime 2026 hors norme récolté après un été marqué par la canicule et la sécheresse.
Premiers coups de sécateur dès le 17 août
L’année 2026 restera dans les mémoires comme l’une des plus chaudes et sèches de l’histoire de la viticulture luxembourgeoise. Depuis l’hiver, la vigne a vécu des stades de végétation précoces, du débourrement jusqu’à la maturité en passant par la floraison. Même si le risque de maladies fongiques est resté très faible, l'été a posé de nombreux défis aux vignerons, qui se voyaient dans l’obligation de lutter contre le stress hydrique, d’irriguer les jeunes plantations et d’avancer la date des vendanges. Les premières grappes ont été récoltées dès le 17 août à Wintrange, un record de précocité.
Faible quantité, mais une récolte de qualité
Les grappes sont saines et présentent une belle concentration aromatique. Vu le manque d’eau, elles restent néanmoins petites. Ainsi, les viticulteurs s’attendent à des quantités récoltées en dessous de la moyenne. Avec des températures plus modérées et des précipitations suffisantes vers la fin du mois d’août, le millésime 2026 a le potentiel de donner naissance à des vins expressifs et de très haute qualité.
« Ce millésime 2026 a été un défi pour les viticulteurs. Les conditions ont mis à l’épreuve tout le savoir-faire du secteur. Si les quantités de la récolte restent faibles, nous pouvons nous attendre à des vins équilibrés, généreux et expressifs », a déclaré Martine Hansen.
Un moment de tradition et de convivialité
Les vendanges à Remich, comme dans toute la vallée de la Moselle, sont bien plus qu’une simple récolte : elles incarnent un moment de partage, de transmission et de fierté collective. Chaque année, des centaines de saisonniers passionnés, à la fois professionnels et bénévoles, viennent prêter main-forte aux vignerons pour rentrer les raisins à la cave.
Au niveau du recrutement de saisonniers, l’ADEM a cette année organisé les Jobdays de manière individuelle pour chaque domaine intéressé, à la demande des exploitations viticoles. Cette approche répond mieux aux besoins concrets sur le terrain.
Martine Hansen s’est adressée à l’ensemble de la filière viticole : « Je souhaite à toutes et à tous de très belles vendanges et une récolte de grande qualité. Que cette saison soit marquée par la réussite, la solidarité et la passion qui animent notre vignoble. L’année 2026 a connue des conditions très difficiles. Nous ne pouvons plus nier le changement climatique. Je suis néanmoins convaincue que ce millésime d’exception reflètera le savoir-faire, la motivation et la passion du métier de nos vignerons. En ce qui concerne les simplifications administratives tant attendues, je suis contente que notre projet de loi qui vise à alléger les démarches pour le travail saisonnier et occasionnel dans les secteurs agricole, viticole et horticole suit son parcours législatif et sera bientôt à l’ordre du jour de la Chambre des Députés. »
Un patrimoine vivant à préserver
Martine Hansen a aussi échangé avec les vignerons sur les perspectives de la viticulture luxembourgeoise ainsi que sur les enjeux liés à la promotion des vins locaux et la durabilité.
La ministre a rappelé l’importance de soutenir une viticulture qui allie tradition, innovation et respect de l’environnement. « Nos vins et crémants sont bien plus que des produits agricoles. Ils sont le fruit d’un savoir-faire ancestral, mais aussi d’une capacité d’adaptation constante. Nos vignerons savent s’adapter aux évolutions du climat sans renoncer à l’élégance et à l’authenticité des vins de la Moselle luxembourgeoise. »
L’Institut viti-vinicole : moteur de la qualité, de la recherche et de la coopération
L’Institut viti-vinicole (IVV) joue un rôle central dans le développement de la viticulture luxembourgeoise. Il assure des missions de recherche appliquée, de conseil technique, d’analyses œnologiques et de formation continue. L’IVV est également un acteur clé dans l’adaptation du vignoble aux défis climatiques et économiques, notamment par l’introduction de cépages résistants et la promotion de pratiques durables.
La coopération entre l’IVV et les trois groupements professionnels – les Domaines Vinsmoselle, les Privatwënzer Lëtzebuerg et la Fédération Luxembourgeoise des Vins et Spiritueux – est exemplaire. Ensemble, ils œuvrent à la valorisation du terroir luxembourgeois, à la montée en gamme des produits et à la défense des intérêts du secteur viticole.
Un vignoble en mutation : chiffres-clés de la viticulture luxembourgeoise
La ministre a rappelé les dernières données sur la structure du vignoble luxembourgeois :
Superficie viticole totale en production : 1.165 hectares (Source : Recensement viticole 2025)
Cépages les plus cultivés :
- Rivaner (209 ha)
- Pinot gris (189 ha)
- Auxerrois (174 ha)
- Pinot blanc (155 ha)
- Riesling (environ 153 ha)
- Pinot noir (130 ha) en forte progression
- Chardonnay (59 ha) qui a quadruplé sa surface en 20 ans
Le vignoble luxembourgeois repose sur une diversité de modèles économiques :
- 43 % des surfaces sont exploitées par les membres des coopératives viticoles,
- 37 % par des vignerons indépendants,
- 20 % par les négociants et ses viticulteurs sous contrat.
À Remich même, 15 exploitations cultivent plus de 76 hectares de vignobles.
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